RENCONTRE AVEC ARTHUR DREYFUS
MERCREDI 20 MARS à 19h

En partenariat avec le Prix du Jeune Ecrivain de Muret

Louis-Henri de la Rochefoucauld,
LIRE, novembre 2023

« Esthétique de la difformité

Greffé aux obsessions de l’auteur, La Troisième Main joue avec les codes du genre, prenant la forme d’une épopée fantasque et lumineuse où se loge une métaphore de notre inconscient.
Parfois, un écrivain a un coup de génie. C’est ce qui est arrivé à Arthur Dreyfus il y a dix ans quand il a eu l’idée de départ de La Troisième Main. Un garçon sans histoire né à Besançon, Paul Marchand, va voir sa vie être transformée par la Première Guerre mondiale. S’approchant trop près du front où explosent des obus, il reçoit dans le ventre le bras d’un soldat allemand et tombe dans le coma. À son réveil, il s’aperçoit qu’un savant maléfique lui a greffé ce maudit bras, et qu’il ne pourra jamais s’en débarrasser. II est condamné à être un monstre. Le lecteur pense à des grands classiques (L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Stevenson, La Métamorphose de Kafka) autant qu’à des films (Edward aux mains d’argent de Burton). Et il n’est pas au bout de ses surprises. II ne suffit pas d’être touché par la grâce de l’inspiration : encore faut-il savoir ensuite dérouler la pelote – ce que Dreyfus fait ici avec brio pendant près de 500 pages picaresques, souvent tordantes, puis plus sombres et touchantes alors qu’on s’approche de la fin. C’est qu’elle est intenable, cette main ! Elle permet à Paul de briller dans une usine de boulons puis comme magicien, elle joue divinement Bach, dessine à merveille des estampes japonaises ; mais d’un autre côté, elle peut avoir envie d’étrangler un passant, ou être traversée d’idées scabreuses… Avec les femmes, Paul connaîtra tout : une fiancée farouche le fuira effrayée par sa bizarrerie, une cocotte plus expérimentée trouvera en sa compagnie un plaisir inédit. Sans que cela ne pèse jamais, le roman est, on l’aura compris, une réflexion sur nos pulsions plus ou moins refoulées, sur notre inconscient, sur la part tour à tour lumineuse et noire qui s’agite en nous malgré nous. On applaudit des deux mains – ou plutôt des trois. »

Rencontre Tapas & dédicaces gratuite, réservation recommandée, inscription à la librairie et au 05 61 91 12 00